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Humanistiska och teologiska fakulteterna | Université de Lund

Description

On dit souvent de la sémiotique, traduite comme la science de la signification, qu’elle dérive de deux sources, du philosophe américain Charles Sanders Peirce, et du linguiste suisse Ferdinand de Saussure.

C’est, en particulier, cette dernière tradition qui a eu un développement très riche dans notre siècle, commençant dans la Russie et dans la Tchécoslovaquie pendant les premières décennies, pour retrouver ensuite une vigueur nouvelle dans la France et l’Italie des années ‘50 et ‘60, et pour se répandre finalement dans le monde entier, notablement en Allemagne, Belgique, Danemark, Pologne, et Espagne, en Europe, et aux États-Unis et en Amérique latine. À l’exception du Danemark, les pays nordiques ont été des récemment venus à ce jeu. Actuellement, dans le meilleur travail sémiotique, la rigueur philosophique de Peirce a été intimement unie à l’approche empirique que l’on trouve chez Saussure.

 

La sémiotique est surtout un point de vue particulier: une perspective qui consiste à se demander comment les choses deviennent des porteurs de signification. Ainsi, la tâche de la sémiotique est, entre autres choses, de déterminer des critères qui peuvent aider à différencier des types variés de signes et d’autres genres de signification. Des exemples bien connus de telles typologies sont la trichotomie établie par Peirce entre icône, index et symbole, ainsi que l’opposition entre l’analogue et le digital. Ces deux distinctions s’avèrent être insuffisantes, et même peu satisfaisantes, quand elles sont confrontées au système réellement existant de significations.

 

Il est concevable que le même signe puisse jouer plusieurs rôles différents en même temps: une image peut représenter quelque chose, exprimer quelque chose, se rapporter à son propre caractère matériel, faire référence à quelque chose, constituer une métaphore ou un un autre type de signe indirect. Puisque la sémiotique s’intéresse à trouver des règles et des régularités générales, elle essaye de décrire ces phénomènes en tant que fonctions génériques dans un système quelconque.

 

Mais il faut admettre que ces fonctions génériques sont modifiées par les contextes dans lesquels elles apparaissent. Par conséquent, la sémiotique n’a pas seulement la tâche de décrire les similitudes et les dissimilitudes entre les différentes manières de transmettre la signification, mais doit également étudier les moyens par lesquels plusieurs systèmes de signification collaborent dans la transmission d’une signification (le langage parlé et écrit, le geste et l’expression du visage, pendant une conversation ou en tant qu’élément d’une représentation du théâtre ou d’un film; quelque chose qui peut être transporté par de nouveaux médias tels que l’ordinateur, etc.). Contrairement à l’approche abstraite caractérisant une sémiotique plus ancienne, la sémiotique de la culture rend compte des similitudes et des convergences entre différents systèmes de signification dans les cultures historiquement existantes.